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Raison de la mise en attente :

Tant qu’il y aura des "races", il y aura du racisme !

posté le 28/03/22 Mots-clés  antiracisme 

L’article parle de la race dite sociale, c’est le sujet du début jusqu’à la fin de l’article.

Outre que “race sociale” est un pléonasme, toute race n’est jamais autre chose que sociale et fondée sur des critères arbitraires, la race biologique n’existant pas.

Le sujet de l’article est de dire que la dite “race sociale” est elle-même intrinsèquement fondée sur le racisme et le recycle.

Quand Delgado, le fondateur de la théorie critique de la race dit que nous sommes tous racistes, il finit involontairement par sous-entendre que pas lui ni ses idées tout droit issues de la société profondément raciste des USA. Pourquoi pas lui ? Ses idées sont tout autant le produit du racisme, quelque soit le pavillon sous lequel elles avancent.

Ce qu’il faut prendre en compte, c’est le racisme, et il est inutile de recycler la race sous une nouvelle forme.

Imaginez une personne qui boirait un litre de whisky par jour, et qui au lieu d’arrêter ou de réduire fortement sa consommation, déciderait pour lutter contre son alcoolisme, de remplacer le whisky par de la vodka. Ça serait vain, il serait toujours alcoolique. C’est ce que font certain-e-s des sociologues qui prétendent en vain utiliser la race contre le racisme. La race est un fondement du racisme et du racialisme, et elle a toujours été une catégorie sociale arbitraire. Un certain Adolf Hitler en personne disait ne pas croire à l’existence des races biologiques et qualifiait les Juifs de “race morale”.

Quant à assigner un mode de pensée particulier à une prétendue race basée sur la religion ou la couleur de peau, comme le font ces “éveillé-e-s au injustices” que certains appellent “wokes” et qui ressemble à s’y méprendre au racisme condescendant et paternaliste des néonazis de la Nouvelle droite, sous prétexte d’éducation “ethniquement” équitable, c’est un des fondements du racisme. “L’inégalité des races” a été chassée par la grande porte, elle est en train de revenir par cette fenêtre-là. Voir ce document immonde qui ose se prétendre antiraciste (même si le mot “race” n’y figure nul part, c’est clairement de cette notion dont il s’agit étant donné que le document assigne des préoccupations et des capacités de nature identitaire sur la base de la lignée d’ascendance et de la couleur de peau. En résumé, il s’agit d’un document authentiquement raciste qui avance sous faux drapeau antiraciste).

S’il doit y avoir une éducation adaptée, ce doit être une éducation individualisée, et il est inutile et contre-productif d’y faire intervenir la notion de race. La notion de classe sociale sera en revanche beaucoup plus utile, et cela n’empêche pas de prendre en compte le racisme subi lors de l’évaluation individuelle. Nous n’avons pas besoin de prendre la “race” au sérieux pour prendre le racisme subi au sérieux (la prétendue race sociale, qui est le sujet de cet article du début à la fin, n’est pas plus à prendre au sérieux et n’est rien d’autre qu’une version euphémisée de l’ethno-différentialisme raciste des néonazis de la Nouvelle droite), pas plus que nous n’aurions besoin de prendre les pseudosciences au sérieux pour prendre au sérieux les dérives sectaires.

Non seulement la notion de “race” est chargée de sens et traîne derrière elle une histoire monstrueuse, de l’esclavage aux nazis, en passant par la colonisation et aussi par Gobineau, mais elle ne permet pas, y compris lorsqu’elle se dit “sociale” de saisir la réalité qui est multiple et variée, car la “race” même qualifiée de “sociale” ne correspond pas à une réalité mais à une série de classements et d’assignations arbitraires dont le seul intérêt serait de constituer des pouvoirs et des bourgeoisies identitaires qui ne profiteraient qu’à une minorité. D’autre part, c’est un point de vue qui se rapproche du racisme par son paternalisme pseudoscientifique et qui met la lutte des classes en retrait tout en naturalisant les rapports sociaux et de production capitalistes.

Penser en termes de “races”, et ramener ce mot et cette notion immondes, qui ont pourri et qui pourrissent encore la vie de tant de personnes, au devant de la scène, c’est être raciste.


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