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Elysée 2022 : Et si la gauche gagnait française grâce à des réformes économiques inattaquables ?

posté le 18/01/22 par Lise Mots-clés  luttes sociales 

Les crises se multiplient, c’est un fait. L’épisode Macron touche à sa fin et l’heure est venue pour l’État de reprendre la main et d’imposer un calendrier de réformes redonnant du pouvoir d’achats aux citoyens. L’urgence sociale n’a jamais été aussi forte pour une majorité de Français. Et ça, le candidat de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, l’a bien compris.

Smic à 1400 euros nets par mois, blocage des prix des denrées de première nécessité – dont ceux de l’énergie –, rétablissement de l’ISF, sauvetage des services publics comme l’hôpital, semaine de 32 heures pour les métiers pénibles… La liste est longue, mais ces mesures réclamées par Jean-Luc Mélenchon sous le sceau de « l’urgence sociale » ne font que répondre à l’angoisse d’une grande majorité de Français. D’autant qu’en face, c’est l’opulence : « On est en pandémie et les milliardaires se sont encore enrichis !, s’insurge le leader des Insoumis. Nous avons des lois d’urgence sécuritaire, des lois d’urgence sanitaire : il est temps d’avoir une loi d’urgence sociale. Quand tant d’indicateurs sociaux virent au rouge, quand 10 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, on est bel et bien en état d’urgence sociale. Détresse psychologique, dégradation de la santé, destruction des services publics, explosion des trafics… Une partie de la société glisse vers le néant. Sans parler de l’impact social de la crise écologique. » Qui pourrait oser prétendre le contraire ?

Les mesures d’urgence : mieux répartir l’argent

D’abord, il faut redonner du pouvoir d’achat à ceux qui n’en ont pas. Cela passe donc par une mesure immédiate : l’augmentation du Smic à 1400 euros nets mensuels : « En dix ans, le Smic n’a connu aucun coup de pouce, alors que les revenus des puissants se sont envolés de façon ahurissante. Autre idée urgente : reporter de deux ans le remboursement des prêts garantis par l’État. Des milliers d’entreprises vont se fracasser sur le mur de la dette. J’ai déjà alerté : la dette privée en France est plus dangereuse que la dette publique. Il faut tout faire pour éviter le chaos économique. » Il est surtout temps de faire barrage à l’ultralibéralisme, à la casse sociale, et aux mesures prises par le gouvernement actuel qui cherche en permanence à économiser trois francs six sous, comme l’a montré la réforme de l’assurance chômage qui rogne désormais sur les ressources de 1,7 million de Français. Élu, Mélenchon l’abrogera.

Sur le plan financier, Jean-Luc Mélenchon ne fera donc pas de cadeaux aux plus riches, mais redonnera les coudées franches à l’État qu’il souhaite protecteur : « Cette année est une année blanche pour des millions de gens qui ont perdu leur revenu, ou tout juste gardé celui de l’an passé ou moins. Décrétons une année blanche aussi pour les profits du CAC 40 : tout ce qui excède la progression moyenne du CAC 40 est réquisitionné. Il y en a pour plus de 50 milliards d’euros. Ça permettrait de financer un million d’emplois dans les métiers du lien, du soutien scolaire… Et avec un million de personnes en plus au travail, on bouche aussi le trou de la Sécurité sociale. » Comme le chef de La France Insoumise le dit lui-même, il n’y a aucune raison pour qu’une poignée de gens « accumulent » quand le PIB du pays s’effondre.

Des réformes structurelles : l’État à la baguette

Dans ce domaine, l’urgence et le long terme donnent le « la », et la santé publique et les retraites seront parmi les premiers chantiers si Jean-Luc Mélenchon accède à la présidence. Période électorale oblige, l’exécutif de Macron a renoncé à faire passer en force sa réforme des retraites de peur de voir descendre des centaines de milliers de travailleurs dans la rue au printemps. Le plan de la droite libérale, c’est de faire travailler les gens plus longtemps, de les user. Les Insoumis – mais aussi les communistes et les syndicats – veulent rétablir la retraite à 60 ans, à taux plein. C’est bien le minimum !

Sur la santé, l’actualité des deux dernières années a été très éclairante sur les divergences fondamentales entre la droite réactionnaire et la gauche progressiste. La gestion de la crise sanitaire par le gouvernement a été calamiteuse, car uniquement dictée par des impératifs financiers. « Macron croit que le marché est seul apte à régler les problèmes, constate Mélenchon. Aucune de ses décisions n’est allée contre les diktats du marché. Pour son gouvernement, la puissance publique était avant tout vouée au contrôle de la population. La dérive autoritaire du régime s’est donc aggravée de façon spectaculaire. A l’arrivée, la performance n’est pas fameuse ! Ils se sont trompés sur tout : les masques, les tests… En période de crise, les collectivistes comme moi sont plus efficaces que les hyper-individualistes comme Macron. » Le gouvernement Castex n’a fait que financer et généraliser le chômage technique, mais qu’a-t-il fait pour l’hôpital public ?

Rien ! Bien au contraire, le budget des hôpitaux publics a encore chuté durant les cinq interminables années du mandat de Jupiter. Redonner du souffle à l’hôpital est donc une priorité : « La première des choses à faire, c’est un moratoire sur tous les projets de fermeture de lits, estime pour sa part Mathilde Panot, présidente du groupe des Insoumis à l’Assemblée nationale. On continue les fermetures de lits dans notre pays : c’est un scandale absolu. C’est le fruit d’une politique d’austérité qui a été menée sur la santé. Il faut à la fois augmenter les salaires de manière forte pour que les conditions de travail soient dignes et aussi recruter d’urgence. » Mais hors de question de faire peser cela sur les contribuables déjà assommés par les impôts, directs comme indirects. De même, qui paiera la note finale du fameux « Quoi qu’il en coûte » de la crise du Covid ? « Je sais à qui il en coûte !, lance Mélenchon. A la fin c’est : "Vous allez payer tout ça avec vos cotisations sociales et vos impôts" ! Mais on n’a rien demandé aux profiteurs de crise. »

Un « quoi qu’il en coûte » qui a aussi accentué la dette publique. Une seule solution : l’annuler. « L’argent existe pour vivre mieux, la dette n’est pas un problème », estime Jean-Luc Mélenchon qui compte « exiger de l’Union européenne que la Banque centrale européenne rachète les dettes publiques et les transforme en dettes perpétuelles à taux nul ». Aux grands maux les grands remèdes.

Faire payer le secteur privé partout où l’on peut

Pour ce programme économique, il faut évidemment remplir les caisses de l’État et savoir faire les économies là où cela est possible. Première piste évidemment, le rétablissement immédiat de l’ISF (impôt de solidarité sur la fortune). Pas étonnant que la droite regarde Macron avec des étoiles dans les yeux, il n’a fait qu’appliquer son programme en faveur des plus riches et du secteur privé. Il est maintenant l’heure du retour sur investissement ! Au secteur privé de payer !

Jean-Luc Mélenchon propose par exemple la nationalisation de tous les biens communs, comme « l’air et l’eau », la Française des Jeux et même les autoroutes. « Les sociétés d’autoroutes nous rackettent et ont augmenté les péages de plus de 20% depuis la privatisation, tout en versant des milliards aux actionnaires », s’énerve Jean-Luc Mélenchon. Sur ce dernier point – qu’il partage avec la présidente de l’ex-Front national Marine Le Pen –, le calcul n’est peut-être pas le meilleur afin de faire passer le secteur privé à la caisse : plutôt que de voir l’État débourser 40 milliards d’euros qu’il n’a pas pour récupérer la gestion des autoroutes, il serait plus efficace de contraindre les sociétés concessionnaires d’autoroutes à faire plus, et à redistribuer davantage à l’État, en attendant la fin des contrats de concession. Il faudrait aussi s’assurer d’une baisse des prix des péages et faire financer une partie par un impôt supplémentaire sur les hauts revenus. Pourquoi également ne pas distribuer des cartes de gratuité pour les plus défavorisés ? Ce serait une mesure juste et équitable de redistribution de ceux qui ont tout vers ceux qui n’ont rien.

Les partenariats public-privé peuvent être une bonne solution pour ces services techniques que l’État ne serait probablement pas capable de prendre en charge. En revanche, à l’État d’être à la manœuvre pour encadrer les secteurs concernés, et au privé de suivre et de faire ce qu’on lui dit ! Plutôt que de se lancer dans de coûteuses nationalisations, mieux vaudrait que l’État impose sa volonté au privé. Et cela, Jean-Luc Mélenchon – avec sa force de caractère et de persuasion – est probablement le mieux placé à gauche pour y parvenir.


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