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« La fin de l’intellectuel français ? » - 3 questions à Shlomo Sand
posté le 04/08/17 Mots-clés  antifa  répression / contrôle social 

Shlomo Sand est professeur d’histoire à l’université de Tel-Aviv. Il répond à mes questions à l’occasion de la parution de « La fin de l’intellectuel français ? De Zola à Houellebecq » aux éditions La Découverte.

Vous estimez qu’auparavant les intellectuels critiquaient les injustices sociales alors qu’aujourd’hui les intellectuels médiatiques se reconnaissent à leur conservatisme. Comment expliquer ce changement ?

On peut, selon moi, proposer plusieurs explications aux changements qui affectent les sensibilités morales des intellectuels hégémoniques en France : le passage décisif, à partir des décennies 1960 et 1970, d’une culture fondée sur la lecture, vers une culture fondée sur la vision de l’image filmée, a modifié les rapports de force entre les producteurs de culture d’une part, et d’autre part, ses organisateurs et diffuseurs. Les intellectuels dépendent, de plus en plus, des chaines de télévision ; et si, autrefois, l’intellectuel, en dehors de l’univers de la communication audiovisuelle, accumulait un capital de savoir et de notoriété grâce auquel il était invité dans les studios de la communication, désormais, l’essentiel de ce capital s’acquiert directement et exclusivement dans l’arène de la communication audio-visuelle. Les directeurs des chaines de télévision, et leurs animateurs populaires, décident quel est l’intellectuel désirable, et selon quelle fréquence il sera présenté au public des téléspectateurs et auditeurs.

Il faut également rappeler que l’apparition de l’intellectuel collectif critique, lors de l’affaire Dreyfus, s’est produite sur fond d’émergence, dans l’arène publique, des partis et syndicats ouvriers, et que la critique intellectuelle s’est, pendant longtemps, nourrie de la conflictualité des classes sociales. Le recul et l’affaiblissement de la classe ouvrière organisée, dans le dernier quart du XXème siècle, ont eu un effet direct sur la vigueur de la critique portée sur la structure sociale existante. À ces aspects socio-politiques sont venues s’ajouter des dimensions plus spécifiquement idéologiques. Ainsi, l’effondrement du communisme en URSS et en Chine, et la défaite marquante du volet émancipateur au sein des mouvements nationaux dans le Tiers monde, ont réduit les capacités mentales et intellectuelles constitutives de la vision du futur, y compris en Occident. La critique de l’existant se nourrit de la nostalgie d’un passé imaginaire qui induit, généralement, le conservatisme, ou, au contraire, une projection imaginaire vers des lendemains meilleurs, générateurs d’une pensée aspirant au progrès social, politique et moral. Dans une large mesure, nous nous trouvons dans une phase historique d’appauvrissement de l’acuité et de la qualité intellectuelle, en tant que telles, mais aussi d’hégémonie morale des tendances conservatrices et xénophobes.

Pourquoi écrivez-vous que « la détestation de la religion musulmane et la ferme opposition à sa liberté d’expression publique sont devenues le nouvel opium de l’intellectuel antitotalitaire » ?

Une grande partie des intellectuels médiatiques d’aujourd’hui ont, dans leur jeunesse, été partisans d’un totalitarisme qui montrait alors des signes de vitalité et de force ; ils sont devenus « antitotalitaires » précisément lorsque ce totalitarisme a régressé jusqu’à ne plus constituer un phénomène central du XXème siècle. En fin de compte, ils se sont toujours montrés forts à l’encontre des faibles. L’effondrement de l’URSS les a privés de leur cheval de bataille « antitotalitaire », et il leur a fallu trouver une nouvelle menace montante et unifiante : l’islam est alors apparu comme le fumet du nouvel opium xénophobe. La nouvelle menace a commencé par se manifester sous la forme du foulard dont se couvre une frange des filles d’immigrés musulmans. Les intellectuels anti-totalitaires ont préféré que ces jeunes filles soient exclues de l’école publique plutôt que de continuer à y apprendre Voltaire et Rousseau, tout en étant coiffées d’un foulard.

Tout comme, dans leur jeunesse, ces intellectuels avaient adopté l’autoritarisme inhérent à la conception politique du maoïsme, la vision républicaine, unidimensionnelle et anti- pluraliste de la nation leur va à présent, comme un gant. Et ce, alors même que la situation de détresse socio-économique pousse les masses à chercher des boucs émissaires parmi les immigrés les moins protégés, et peut-être, plus précisément, parmi les enfants d’immigrés, de culture « hybride », qui ont assimilé les valeurs républicaines d’égalité, sans être encore devenus de « parfaits » français.

Estimez-vous que l’islamophobie soit désormais la « norme » dans les cercles intellectuel et médiatique français ?

Pour une part non négligeable des intellectuels médiatiques, l’islamophobie est aujourd’hui devenue un code de base, sur le marché des biens symboliques. Elle se différencie de la judéophobie des XIXème et XXème siècle, tout en lui ressemblant, à certains égards. Peu d’études sérieuses ont, jusqu’ici, été menées concernant les poussées résurgentes d’antisémitisme, en lien avec les vagues d’immigration en provenance d’Europe de l’Est, en période de marasme économique (notamment durant la dernière décennie du XIXème siècle, et dans les années 1930).

L’islamophobie est aujourd’hui enrobée d’un républicanisme laïc qui prétend que l’immigration actuelle n’est pas disposée à s’intégrer pleinement. Il n’y a là rien de nouveau ! De Maurice Barrès à Drieu La Rochelle, les mêmes récriminations avaient été émises à l’encontre des immigrés juifs. On trouve, en revanche, quelques nouveautés « rafraichissantes » dans le domaine du rejet de l’autre « différent ». J’en veux pour exemple le féminisme « égalitaire » : ainsi, quand Elisabeth Badinter ou Caroline Fourest pensent savoir, mieux que les intéressées, comment doivent se vêtir les femmes musulmanes, elles expriment là une position arrogante, incompréhensible pour les citoyens d’une démocratie pluraliste non jacobine. Bien qu’étant très largement opposé aux interventions de l’Etat sur les modes de vie et les comportements culturels, j’aurais, par exemple, préféré que ces intellectuelles féministes, et d’autres, aient engagé un combat public en faveur d’une législation interdisant aux femmes le port des chaussures à hauts talons, pendant les heures de travail (source de souffrance quotidienne induite par la soumission au regard des hommes).

N. B.

À titre personnel, et bien que je n’en sois pas fier, je dois reconnaître que j’aime voir des femmes porter des chaussures à hauts talons, et que je trouve dommage que de belles chevelures soient dissimulées sous un voile. Toutefois, je pense qu’il serait plus important pour le statut de la femme, dans la société occidentale, qu’elle se sente bien sur ses pieds, plutôt que de se préoccuper de ce qui recouvre sa chevelure. Et puis, je sais aussi que mes deux grands-mères ont été assassinées à Treblinka, alors qu’elles étaient revêtues du voile caractéristique des juives traditionnelles.


posté le 4 août 2017 Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Commentaires
  • 23 septembre 10:57

    Shlomo Sand rejoint la campagne BDS

    SHLOMO SAND : « … J’ai été toute ma carrière politique contre le boycott ; je pensais que le boycott n’était pas justifiable, le boycott de tout Israël, pas des colonies et des produits des colonies… L’année dernière et à cause de l’analyse que je fais aujourd’hui, je crois qu’on ne peut pas avoir de changement de la part de la société israélienne pour évacuer les territoires occupés. C’est pas possible ! […] La gauche sioniste, mentalement, vit toujours de ce mythe shoah, elle est déchirée entre la rationalité politique et les mythes bibliques. Donc, je ne crois pas que si le camp sioniste (de gauche) était au pouvoir, il pourrait faire un compromis avec les Palestiniens. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé que toute ma résistance en face des politiques de sanctions et de boycott était fausse. Si quelqu’un veut sauver Israël de soi-même, il doit se joindre et faire pression. Je suis pour chaque pression sur Israël pour qu’il évacue les territoires occupés, pour les frontières de 67, sauf la terreur… Et si quelqu’un ne tient pas cette politique de boycott et de sanctions, il doit savoir que la terreur va la remplacer et ça va arriver. Pour le moment, c’est de la terreur blanche : des jeunes filles de 18 ans sautent avec des couteaux sur des soldats israéliens, mais si quelqu’un veut vraiment sauver Israël de soi-même et sauver les Palestiniens, il doit soutenir à mon avis politiquement le boycott à toutes les choses en Israël, sauf les farines et les médicaments ; je ne parle pas de tout ça…

    Mais vous avez boycotté la Russie de Poutine, non ? Ils ont annexé la Crimée qui depuis 2000 ans était dans les mains des Ukrainiens, 2000 ans ! Et les populations étaient pour l’Ukraine, contre la Russie et quand même, vous avez boycotté. C’est vrai ou non ? Vous avez boycotté l’Iran, vous avez Boycotté l’Afrique du Sud. À mon avis, la seule politique valable aujourd’hui, c’est soutenir le boycott d’Israël actuellement. Je suis désolé…

    (Applaudissements)

    DOMINIQUE VIDAL : « Je confirme qu’il s’agit bien d’une position nouvelle de Shlomo. Je peux le dire. C’étaient des discussions sur ce sujet depuis des années… »

    […]

    SHLOMO SAND : « … Je crois que le boycott sera une sanction dure au début avec des réactions terribles et perverses. Mais à la longue, je ne crois pas qu’il y ait une autre politique pour résoudre ce conflit, qui est le plus long conflit de la modernité : 50 ans d’occupation !... »

    http://www.ujfp.org/spip.php?article4440

  • Face au troll, il y a plusieurs camps et dans ces camps il y a plusieurs camps ... trop dur à comprendre pour lui ...

    Construire des camps = ridicule

    le troll n’a pas compris et ne comprendra donc jamais ?

    idiot inutile !

  • Benjamin Netanyahu, maître à penser de Monsieur Yves Coleman : Mondialisme.org réussit son examen d’entrée dans l’extrême-droite sioniste
    http://bxl.indymedia.org/spip.php?article8207

    On aurait pu croire, ingénument, que le philosémitisme, entendu comme "forme sournoise d’antisémitisme" [1], épargnerait la gauche radicale pour ne frapper que la droite prétendument "socialiste", de même que toutes les variétés de droite "forte" ou non, qui communient dans la même célébration inconditionnelle de l’Etat d’Israël.

    Las ! Dans son article "Antisémitisme DE gauche : définition et fonctions politiques" [2], daté du mercredi 3 juin 2015, Monsieur Coleman, qui exerce un magistère depuis son site Mondialisme.org, présente désormais tous les symptômes d’un philosémitisme galopant à tendance hallucinatoire. Avec un sens de l’à-propos qui n’appartient qu’à lui, il a concentré sa petite artillerie sur notre camarade Pierre Stambul, 6 jours avant que Pierre ne "bénéficie" des services d’une des unités dites d’élite de l’appareil d’Etat, en l’occurrence le RAID, après une opération d’intoxication menée semble-t-il par un pirate informatique franco-israélien. [3]

    Il serait quelque peu injuste de reprocher à Monsieur Coleman de ne pas disposer de talents divinatoires, qui lui auraient épargné ce timing "malencontreux". Il existe toutefois une règle d’Or entre révolutionnaires, ce qu’il prétend être : la solidarité inconditionnelle face à la répression. Les camarades "Juives et Juifs révolutionnaires", qui animent le site du même nom, ne s’y sont pas trompé-e-s. Le jour même de l’agression de Pierre Stambul, leur site proclamait : "Nous dénonçons l’interpellation de Pierre Stambul par le RAID durant la nuit. Quels que soient nos désaccords..." [4]. Qu’elles et ils en soient publiquement remercié-e-s.

    Nous sommes le vendredi 17 juillet 2015 : à moins de n’avoir fait que de la spéléologie depuis le 9 juin ou d’être coupé d’Internet, ce qui n’est pas le cas - son site étant régulièrement mis à jour, Monsieur Coleman a difficilement pu manquer l’attaque dont Pierre Stambul a été victime. Nous allons tenter de comprendre les raisons très politiques pour lesquelles il a "omis" d’assurer notre camarade de sa solidarité.

    "L’antisionisme est une absurdité politique et conceptuelle" (sic) [2]

    Je cite monsieur Coleman : "L’antisionisme est une absurdité politique et conceptuelle : autant la critique féroce du sionisme avait un sens AVANT la création de l’Etat d’Israël, autant aujourd’hui être « antisioniste » signifie soit que l’on veut retourner dans les années 30 à bord d’une machine à remonter le temps et faire comme si le judéocide n’allait pas avoir lieu (...) ; soit que l’on est pour l’expulsion des Israéliens de Palestine... et dans ce cas mieux vaudrait avoir un bon plan B à disposition. (...)" [2]

    Pour ce qui est de "l’expulsion des Israéliens de Palestine", la lecture de la Charte de l’UJFP aurait évité à Monsieur Coleman une telle ineptie : "Le conflit entre Israéliens et Palestiniens ne peut être résolu qu’en mettant un terme à la domination d’un peuple par un autre, et en mettant en oeuvre le droit à l’autodétermination pour le peuple palestinien, (...). Le droit à l’autodétermination est déjà, bien entendu, clairement établi pour le peuple israélien." [5]

    Quant à l’inanité de l’antisionisme de nos jours, il pourrait être instructif de savoir ce que pensent les dirigeants de l’Etat d’Israël de l’actualité ou du caractère obsolète de la référence au sionisme.

    Florilège :

    Benjamin Netanyahu : "C’est le véritable camp sioniste qui sera au pouvoir, et Jérusalem ne sera pas divisée" [6].

    Avigdor Liberman : "J’exhorte tous les citoyens d’Israël à aller voter pour un parti sioniste - peu importe si c’est Meretz, Yisrael Beiteinu, ou Bayit Yehudi - ce qui est plus important, c’est d’aller voter pour un parti sioniste parce qu’il est important de préserver le caractère juif et sioniste de l’État d’Israël" [7]. (Monsieur Liberman semble légèrement douter des capacités de compréhension de ses auditeurs...)

    Naftali Bennett : "Il fonce à toute allure en direction des [électeurs] sionistes religieux, ceux qui disent que pour des raisons idéologiques, ils renoncent à leur propre parti pour le Likoud, afin de ne perdre la chance d’avoir un gouvernement de droite" [8].

    Moshé Bougy Yaalon : "J’ai dirigé des opérations contre les forces paramilitaires de l’Autorité palestinienne, les milices du Fatah et les forces du Hamas à Gaza et en Cisjordanie. Depuis le début du conflit, avant la création de l’Etat, et durant les années qui ont suivi les Accords d’Oslo, la volonté des dirigeants sionistes était d’aboutir à un compromis historique en convainquant les Palestiniens de renoncer à “la lutte armée” et à toute forme d’opposition (...)" [9].

    Ayelet Shaked : "Il faut arrêter de s’excuser, il faut redevenir sioniste !" [10].

    De toute évidence, les dirigeants d’Israël n’ont pas lu les profondes considérations de monsieur Coleman et ne savent pas que l’antisionisme, et donc le sionisme, sont des notions totalement désuètes. Cette regrettable ignorance les conduit à des "écarts de langage", que nous allons maintenant examiner.

    De la comparaison des gouvernements israéliens au IIIe Reich

    Précisons d’emblée que cet intertitre ne saurait être compris comme une incitation à ce type de parallèle. De la même façon que le terme "fasciste" est trop souvent employé inconsidérément, lui faisant perdre la caractérisation précise d’un régime politique et de son idéologie, de la même façon, la qualification de "nazi" ne peut être banalisée. Hélas, les dirigeants sionistes (le paragraphe précédent nous autorise à les nommer ainsi) ne "facilitent" toutefois pas les choses, comme nous allons le voir.

    Commençons par les amalgames de Monsieur Coleman, qui le conduisent à qualifier Pierre Stambul d’irresponsable : "l’antisionisme (...) peut parfois conduire à des conclusions antisémites (...) lorsque la politique des gouvernements israéliens est systématiquement comparée à celle des nazis ou lorsque « certains dirigeants sionistes » sont accusés d’avoir été complices des nazis (...) Comme le fait, de manière totalement irresponsable, Pierre Stambul de l’UJFP car il sait que ce type d’arguments sont employés par les négationnistes : « Nous savons que l’instrumentalisation du génocide nazi par les sionistes est une escroquerie. Les sionistes n’ont joué qu’un très faible rôle dans la résistance juive au nazisme. Certains de leurs dirigeants se sont fortement compromis avec le nazisme. »" [2]

    Joli tour de passe-passe, qui fait dire à Pierre ce qu’il n’a pas dit, à savoir que les sionistes sont des nazis. Quant à savoir pourquoi certain-e-s ont fait cette comparaison, se reporter à leurs propos exacts pourrait nous éclairer.

    A propos de "l’armée la plus morale du monde", qui affirma, "pendant l’invasion du Liban en 1982 (que) les excès des soldats israéliens au Liban démontraient (...) « l’existence d’une mentalité judéo-nazie »" [11] ? Réponse : Yeshayahou Leibowitz, sioniste engagé, "rédacteur en chef de l’Encyclopédie hébraïque", attaché à la pratique des Mitsvots (commandements requis par la Torah) et grand admirateur de Maïmonide [12].

    Quel est le raisonnement de Yeshayahou Leibowitz ? "Voilà le problème clef : la désobéissance à un ordre légal. Mais cette conception selon laquelle il est interdit de désobéir à un ordre légal, c’est une conception fasciste, nazie. Maintenant, vous comprenez ce que je veux dire quand j’utilise le terme « judéo-nazi » ? Pourquoi Israël a-t-il condamné Adolf Eichmann à la potence et l’a-t-il pendu ? Eichmann n’a fait qu’accomplir les ordres légaux donnés par ses supérieurs. Voilà pourquoi, quand j’entends des gens affirmer que l’ordre légal donné constitue le critère suprême de la conduite d’un soldat, je leur lance : « Vous êtes des judéo-nazis ! »" [13].

    D’auteurs dont les noms seront précisés plus loin : "Parmi les phénomènes politiques les plus perturbateurs de notre époque, on peut compter l’émergence, à l’intérieur de l’Etat d’Israël (...) du "Parti de la Liberté" (...) apparenté, dans son organisation, ses méthodes, sa philosophie politique et ses prétentions sociales, aux partis politiques nazis et fascistes. (...)" [14].

    Quel fait a bien pu inspirer un tel emportement chez ces auteurs ?

    Celui-ci : "C’est dans ses actions que (ce) parti terroriste trahit ses réelles aspirations (...) Un exemple choquant a été donné par leur comportement au sein du village arabe de Deir Yassin. (...) Le 9 avril, selon le New York Times, des groupes terroristes ont attaqué ce paisible village, qui n’était en rien un objectif militaire dans ce conflit, et ont tué la plupart de ses habitants (240 personnes : hommes, femmes, enfants )." [14].

    Qu’est-ce qui motive leur lettre d’alerte ? "La visite imminente, aux Etats Unis, de Menachem Begin, chef de ce parti (...) calculée afin de donner l’impression d’obtenir un soutien américain" [14].

    Qui sont donc les "irresponsables", probablement antisémites, qui ont commis cette lettre ? Entre autres : Hannah Arendt et Albert Einstein.

    Pour des raisons qui m’échappent, cet appel a échappé à l’immense érudition de Monsieur Coleman.

    Cette controverse est-elle dépassée ? Malheureusement, il y a une chose que l’on ne peut pas reprocher aux Netanyahu, Liberman et consorts, c’est la cohérence entre leurs paroles et leurs actes.

    Second florilège :

    Naftali Bennett, actuel ministre israélien de l’Education : "J’ai tué beaucoup d’Arabes dans ma vie. Et il n’y a aucun problème avec ça". [15].

    Avigdor Liberman, ex-ministre israélien des Affaires étrangères : "Ceux qui sont de notre côté (NB : les Arabes israéliens) méritent beaucoup, mais ceux qui sont contre nous méritent de se faire décapiter à la hache" [16].

    Moshe Feiglin (candidat doté de 24% des suffrages, face à Netanyahou, lors des primaires du Likoud de 2007), au quotidien Haaretz, en 1995 : "Hitler était un génie militaire inégalé. Le nazisme a fait passer l’Allemagne d’un bas niveau à un niveau physique et idéologique fantastique. Les jeunes loqueteux ont été transformés en une catégorie propre et ordonnée de la société et l’Allemagne a disposé d’un régime exemplaire (...)" [17].

    Faisons un détour parmi les autorités religieuses de "l’État juif et sioniste d’Israël" [7]. Ovadia Yosef (élu grand-rabbin séfarade d’Israël en 1973) : "Les six millions de malheureux juifs qu’ont tués les nazis ne l’ont pas été gratuitement. Ils étaient la réincarnation des âmes qui ont péché" [18] ...

    Je laisse chaque Juive, chaque Juif ayant perdu des proches dans l’enfer nazi et/ou lors des pogroms en Europe méditer ces deux dernières citations et en prendre la pleine mesure : l’Etat d’Israël n’est pas notre refuge, mais un vecteur majeur de l’antisémitisme dans le monde. La compassion dont nous, Juives et Juifs, avons bénéficié après les révélations des crimes nazis est détruite et souillée jour après jour par les agissements et les propos criminels des dirigeants sionistes. […]

  • Le titre de cet article, quelque peu provocateur, semblera sans doute excessif.

    Excessif, il ne l’est guère plus que : "Edouard Drumont, maître à penser de Mme Hourya Boutleldja : les Indigènes de la République réussissent leur examen d’entrée dans l’extrême droite gauloise" [19]. Monsieur Coleman aurait peut-être (?) pu s’épargner la rédaction d’un article aussi outrancier que malhonnête en lisant la "Lettre ouverte de Rudolf Bkouche au premier ministre : « Votre déclaration "philosémite" n’est qu’une forme sournoise d’antisémitisme »" [1] ou, de Yitzhak Laor, "Le nouveau philosémitisme européen et le « camp de la paix » en Israël" (La Fabrique, Paris, 2007).

    Mais "quid" du rapprochement entre Benjamin Netanyahu et Monsieur Coleman ? Ceci : "Benyamin Netanyahu campe sur les positions qu’il avait fixées lors de son discours prononcé à l’université Bar Ilan en 2009. Il refuse de négocier sur la base des frontières de 1967, il refuse le gel des colonies, le droit au retour des Palestiniens expulsés en 1948 et 1967" [20].

    Et voici le point de vue de Monsieur Coleman sur la résolution 194 de l’ONU "Autant le versement d’une indemnisation semble raisonnable, autant le « droit au retour » est une aberration pour les Palestiniens - mais aussi pour les Juifs du monde entier." [21].

    Notons, pour la forme, qu’une confusion est ici faite entre le "droit au retour" des réfugié-e-s palestinien-ne-s, visé par la résolution 194 du 11 décembre 1948 de l’ONU [22], et la "loi du retour", votée par la Knesset le 5 juillet 1950, qui "octroie automatiquement à tout individu juif la nationalité israélienne lors de sa demande d’immigration." [23]. Quant au fond, s’il y a bien ici une "aberration", c’est de ne pas proclamer avec force l’injustice qu’Eyal Sivan a si parfaitement résumée : "Comment faire accepter à un Palestinien né à Jaffa qu’il n’a pas le droit d’y revenir, alors qu’un juif né à Paris peut, lui, s’y installer ?" [24].

    Il est vrai que le concept d’autodétermination semble un peu abscons pour notre docte pourfendeur des antisionistes : que les conditions d’établissement de deux Etats, d’un Etat binational (ou du refus d’un Etat-Nation) appartiennent aux peuples concernés ne semble pas l’effleurer. Il est désormais en bonne compagnie, entre Netanyahu et François Hollande, lequel abonde dans son sens : "Demander à Israël d’accepter le droit au retour des réfugiés palestiniens n’aurait pas de sens..." [25]. Le(s) sionisme(s), exégèse selon Coleman

    "N’en déplaise à Pierre Stambul, qui n’est pas un ignorant, LES « sionistes » cela n’existe pas, il y a plusieurs types de « sionistes », en clair de nationalistes israéliens ou de partisans de l’existence de l’Etat d’Israël. Et en général le terme « sionistes » est un mot codé pour dire « Juifs »." [26].

    Monsieur Coleman est intarissable sur la question de l’antisémistisme et de l’histoire du sionisme dans toute sa diversité. La documentation disponible sur son site serait un pur bonheur, pour son abondance et sa qualité, si elle n’était mitée, à intervalles réguliers, par les imprécations gorgées de mépris qui sont sa marque de fabrique. La quasi-totalité des marxistes et anarchistes de toutes obédiences ont eu droit, à un moment ou à un autre, à ses excommunications boursouflées.

    Toutefois, depuis les cimes de son savoir, ce "petit marquis" [27] (sic) de l’excellence radicale daigne révéler à des Juifs communistes libertaires (Pierre Stambul et Jean-Marc Izrine) qu’il existait et existe des versions différentes du sionisme.

    Mais, comme la science se mérite, nous ne saurons pas dans le même article que les conceptions d’un Vladimir Jabotinsky n’étaient pas exactement concordantes avec celles d’un Bernard Lazare ni que, de nos jours, le point de vue d’un Shlomo Sand n’est pas "tout à fait" celui d’un Yehuda Glick, partisan de la destruction de la mosquée Al Aqsa comme prélude à la reconstruction du Troisième temple de Jérusalem.

    A titre personnel, je ne verrais aucun inconvénient à deviser sur l’histoire de l’anarcho-sionisme, sauf peut-être la contrainte où je me trouverais d’emprunter la "machine à remonter le temps" [2] en compagnie de Monsieur Coleman.

    Au niveau théorique, il est évidemment fondé de distinguer, autant sur le plan historique que dans l’analyse de la situation actuelle, la variété des conceptions sionistes ou post-sionistes. Mais, sauf à nous traiter de Juifs antisémites (les sionistes ne s’en privent pas), notre dénonciation du sionisme est constamment explicitée comme la condamnation des politiques criminelles des dirigeants d’Israël vis-à-vis des Palestinien-ne-s et suicidaires pour les Juives et Juifs d’Israël et de la diaspora et non (c’est effarant de devoir l’écrire) comme une volonté d’expulsion des Israéliens de Palestine, ce que suggère Coleman [2] !

    Shlomo Sand a dramatiquement résumé ce dilemme : "(...) même un enfant né d’un acte de viol a le droit de vivre. La création d’Israël par des juifs dont beaucoup étaient des rescapés des camps d’extermination a été un acte de viol contre les populations arabes de Palestine. Il a fait naître la société israélienne qui vit déjà depuis soixante-dix ans, et qui a développé sa culture. On ne règle pas une tragédie en en créant une autre." [28].

    "Obsédés par Israël et la Palestine du matin au soir" (sic) [29]

    L’article [29] de Monsieur Coleman qui comporte cette expression commence par la citation suivante : "Et puis, on peut être contre la politique internationale d’Israël sans être antisémite." (David Rachline, maire Front national de Fréjus)

    Ne pouvant soupçonner Monsieur Coleman de sympathie pour le Front national, cette citation ne peut être utilisée que comme un repoussoir. Dès lors qu’il n’en partage pas l’idée, il nous place donc devant une double négation : la citation, la réfutation implicite de celle-ci du fait de l’appartenance de son émetteur, ce qui, comme toute double négation, produit donc une affirmation. En clair, la conclusion suggérée par Coleman est donc celle-ci : "Toute critique de la politique internationale d’Israël est antisémite".

    C’est très intéressant. Autant sa critique radicale du terme antisioniste, signifiant nécessairement selon lui "qui souhaite l’anéantissement d’Israël et des Israélien-ne-s" aurait pu donner lieu à débat, autant là, c’est toute critique d’Israël qu’il réfute. C’est d’autant plus curieux qu’il parsème ses textes d’une telle critique : "La politique criminelle de l’Etat israélien et la haine qu’elle suscite chez les peuples des Etats limitrophes et chez les Palestiniens" [29] mais c’est pour la contrebalancer aussitôt d’une fureur croissante au fil des ans envers les antisionistes ou tous critiques d’Israël.

    S’il y a une chose certaine, c’est que monsieur Coleman n’est ni "obsédé par (...) la Palestine du matin au soir", ni par le sort des Palestinien-ne-s. Sur 2017 articles au 17 juillet 2015, 2 articles (oui, deux, pas trois) mentionnent le terme de "Nakba" sur le site "Mondialisme.org", soit 0,1 % des articles et 291 articles mentionnent le terme "antisémitisme", soit 14,43 %. Dit autrement, quand il évoque 1 fois la "Nakba", il parle 145 fois d’"antisémitisme". Pour prendre la mesure du sort du peuple palestinien chassé de ses terres, c’est une proportion qui lui semble sans doute équilibrée.

    Une fois n’est pas coutume, c’est auprès du "Shin Bet", ou "Shabak" (Service de sécurité intérieure israélien) que l’on peut trouver des informations qui nous démontrent de façon inquiétante pourquoi même une Juive ou un Juif vivant loin d’Israël, en France, aux USA, a des raisons très précises pour sa sécurité d’être "obsédé par Israël et la Palestine du matin au soir".

    Dans le documentaire "Gatekeepers", réalisé par Dror Moreh en 2012, six anciens responsables du "Shin Bet" témoignent de l’évolution de la situation en Israël et délivrent un avis accablant sur l’ensemble des premiers ministres israéliens, à l’exception de Yitzhak Rabin, assassiné en 1995 par Ygal Amir, admirateur de Baruch Goldstein, responsable du massacre d’Hébron.

    Impéritie, indifférence ou complicité avec les plus extrémistes des colons, voilà le fil conducteur de la politique israélienne. Avraham Shalom, chef du "Shin Bet" de 1981 à 1986 : "Aucun premier ministre ne s’est jamais intéressé aux Palestiniens", "Quelle différence entre Golda Meir et Begin ? Aucune".

    En 1980, Carmi Gillon et Yaakov Peri, qui deviendront plus tard chefs du "Shin Bet", enquêtent sur des colons qui préparent un attentat sur des bus palestiniens à Jérusalem avec un objectif de 250 morts. Ils parviennent à les arrêter, de nuit, au moment où les colons placent les explosifs dans les bus. Après enquête, il apparaît que ce groupe projetait depuis 1978 la destruction à l’explosif du Dôme du Rocher. Les condamnations tombent, dont 3 à perpétuité. Le "Shin Bet" est encensé par les autorités israéliennes. Yitzhak Shamir déclare le "Shin Bet" "joyau de la Couronne".

    Oui, mais... Cette "bande", comme l’appelle Yaakov Peri, avait ses entrées de longue date au Parlement et chez le Premier Ministre. En peu de temps, tout ce petit monde rejoint sa colonie, comme si de rien n’était. Que se serait-il passé si ces fanatiques avaient détruit le Dôme du Rocher ?

    Carmi Gillon : "Cela aurait déclenché la guerre totale du monde musulman contre Israël. Pas seulement les pays arabes, mais aussi l’Iran, l’Indonésie et la mise en danger de l’ensemble des communautés juives de par le monde." Le même raisonnement vaut, sans exception, pour tous les crimes impunis commis depuis des décennies par l’Etat d’Israël.

    Méditons sur le diagnostic de Zeev Sternhell, dans le reportage de Charles Enderlin de 2015, "Au nom du temple", à propos de Baruch Goldstein, auteur du massacre de la mosquée d’Ibraham, et de l’assassinat de Yitzhak Rabin par Ygal Amir : "La gauche (israélienne), par poltronnerie, parce que c’était commode de se voiler la face, a préféré croire que nous avions la fièvre à cause d’une grippe alors que nous avions un cancer."

    Monsieur Coleman prépare ses étoiles jaunes pour l’UJFP

    Citations de notre implacable censeur : "Rappelons que l’Union juive française pour la paix n’organise pas seulement des Juifs, comme le précisent d’ailleurs ses statuts. Il aurait été cependant plus honnête de choisir, par exemple, une appellation comme l’Union française pour la paix en Palestine. Cette ambiguïté délibérée permet aux militants non juifs de l’UJFP de se faire passer (ce qui est très rémunérateur symboliquement) pour des descendants des victimes du judéocide ou, encore mieux, des militants du Bund assassinés par les nazis." [2].

    "... l’UJFP (...) prétend regrouper des juifs partisans de la paix (d’après son sigle) alors qu’une partie de ses membres ne sont ni Juifs ni juifs !" [30].

    "... l’UJFP, cette curieuse organisation qui se dit « juive » tout en n’expliquant pas vraiment en quoi elle tient à cette étiquette si infamante dans le camp « antisioniste »...." [26].

    C’est sûrement une coïncidence, mais cette exigence de pureté ethnique nous a déjà été adressée régulièrement par des sionistes. Monsieur Coleman semble très préoccupé par ce sujet et sait sûrement que nous ne sommes pas précisément des "haredim" (juifs ultra-orthodoxes). En tant que tout nouvel expert ès-"Halakha" (la Loi juive), a-t-il prévu des tests de sélection en manifestation pour trier les Juives et Juifs certifié-e-s par ses soins des "goyim" (non-juifs) infiltré-e-s parmi nous ?

    Quant à la notion d’"étiquette si infamante" d’une "organisation qui se dit « juive »", elle a un fumet, comment dire ? Pas précisément "philosémite", même au sens de "forme sournoise d’antisémitisme" [1]. Ces trois phrases mises bout à bout donnent la nausée.

    Est-ce que Monsieur Coleman a la moindre idée de l’abjection de ses propos, lancés à la face de militant-e-s de l’UJFP dont l’histoire familiale regorge de l’attention toute particulière que l’Europe chrétienne a réservée à leurs parents et ancêtres ? L’autodérision, l’humour noir et féroce dont certain-e-s d’entre nous sont heureusement doté-e-s nous procurent une catharsis permanente d’un passé trop lourd qui en a fait sombrer plus d’un-e parmi nous.

    Nous accusons donc réception de l’assurance complète de son absence de solidarité.

    Jean-Marc Capellero-Rabinovitz Le vendredi 17 juillet 2015

    [1] "Lettre ouverte de Rudolf Bkouche au premier ministre : « Votre déclaration "philosémite" n’est qu’une forme sournoise d’antisémitisme »", Rudolf Bkouche, 21 septembre 2014, ainsi que "Du philosémitisme d’Etat", Rudolf Bkouche, 27 avril 2015

    [2] "Antisémitisme DE gauche : définition et fonctions politiques", Yves Coleman, mercredi 3 juin 2015

    [3] "Pierre Stambul notre co-président arrêté par le RAID cette nuit et gardé à vue pendant 7 heures", Bureau national de l’UJFP le 09-06-2015 à 18h40.

    [4] "Soutien à Pierre Stambul", Juives et Juifs révolutionnaires, le 9 juin 2015

    [5] "Charte de l’UJFP", adoptée à la fondation de l’UJFP à Paris, lors de la fête de Pessah en 5754 (avril 1994)

    [6] Europe Israël news, 15 mars 2015

    [7] Coolamnews 17 mars 2015

    [8] "Bennett reproche à Netanyahou de courtiser son électorat religieux", IsraPresse, 16 mars 2015

    [9] CAPE - Centre des Affaires publiques et de l’Etat, 22 janvier 2015

    [10] Koide9enisrael, dimanche 19 janvier 2014

    [11] "Yeshayahou Leibowitz, le prophète incompris", CCLJ - Centre Communautaire Laïc Juif David Susskind, mardi 22 mars 2011, Ouri Wesoly

    [12] Yeshayahou Leibowitz, site du judaïsme Massorti Francophone, par Yeshaya Dalsace

    [13] "La mauvaise conscience d’Israël" (3), Defeatist Diary, 28/6/2010

    [14] "New Palestine Party. Visit of Menachen Begin and Aims of Political Movement Discussed", A letter to The New York Times. Saturday December 4, 1948 by Albert Einstein, Hannah Arendt, Sidney Hook, et.al. Traduction française : Archives LePost.fr – HuffingtonPost, mis à jour le 20/06/2010

    [15] L’Express, 30/07/2013

    [16] Libération, 10 mars 2015

    [17] Cité par Alain Gresh, Nouvelles d’Orient, lundi 30 janvier 2012

    [18] "Le rabbin Yossef dérape sur la Shoah", Libération, 7 août 2000

    [19] "Edouard Drumont, maître à penser (...)", mondialisme.org, samedi 14 mars 2015

    [20] "Israël-Palestine : Il n’y a pas de volonté politique d’aller vers la paix", L’Express, 02/04/2014

    [21] "Limites de l’ « antisionisme » (2)", mondialisme.org, vendredi 23 janvier 2004

    [22] "La question de Palestine - Réfugiés", site francophone des Nations Unies

    [23] "Loi du Retour", Akadem

    [24] "La dangereuse confusion des juifs de France", Eyal Sivan, 7 Décembre 2001

    [25] "Retour des Palestiniens : Hollande soutient Israël", Le Figaro, 19/11/2013

    [26] "Les « antisionistes » sont eux aussi sujets au « mal de mer »...", mondialisme.org, mardi 11 mars 2014 (Nota bene : l’article cité porte sur une préface de Pierre Stambul à un livre de Jean-Marc Izrine, « Les libertaires du Yiddishland », éditions Alternative Libertaire)

    [27] "Bref commentaire sur les procédés d’un plumitif « libertaire »", R.A. Forum. De la banalité du mépris chez Monsieur Coleman.

    [28] "Israël a-t-il perdu la guerre ? Entretien avec l’historien israélien Shlomo Sand", Télérama, 31/01/2009

    [29] "Sur les sources de l’antisémitisme de gauche, anticapitaliste et/ou anti-impérialiste", mondialisme.org, 25 avril 2014

    [30] "Ni Joffrin, ni Val, ni Siné, la clarté politique d’abord !", mondialisme.org, lundi 28 juillet 2008

    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article8207&lang=fr

      • BOYCOTT TOTAL de TOUS les trolls

    boycott de tous les nationalistes et de tous les ETATS :

    - boycott des nationalistes israelien-ne-s

    - boycott des nationalistes palestinien-ne-s

    - boycott des nationalistes belges

    - etc ...

    BOYCOTT TOTAL de TOUS les racistes et racialistes

    BOYCOTT TOTAL de TOUS les suprémacismes

    BOYCOTT TOTAL de TOUS les identitaires (et identitaristes )

    BOYCOTT TOTAL de TOUS les fascistes, du sionisme, de l’islamisme etc ...

    BOYCOTT TOTAL de TOUS les capitalistes (et bourgeois-es )

    etc...

  • Dans la guerre israélo-palestienne, il y a un aspect qu’il ne faut jamais mésestimer. Le sionisme a opéré une gigantesque manipulation de l’histoire, de la mémoire et des identités juives. C’est cette manipulation qui permet l’adhésion majoritaire des Juifs (aussi bien en Israël que dans le reste du monde) à un projet colonialiste et militariste qui détruit chaque jour un peu plus la Palestine et généralise l’apartheid.

    Dans un ouvrage précédent (« Comment le peuple juif fut inventé » chez Fayard), Shlomo Sand avait réduit à peu de choses deux mythes fondamentaux du sionisme : l’exil et le retour. Non, il n’y a pas eu d’exode massive des Juifs lors de la destruction du Temple par les troupes de Titus en 70 ap JC. Les Juifs d’aujourd’hui ne sont pas les descendants des Hébreux de l’Antiquité. Ils descendent majoritairement de convertis. L’idée sioniste qu’après des siècles d’exil, ils auraient fait leur retour sur la terre de leurs ancêtres est une fiction.

    Cette fois-ci, Shlomo Sand s’attaque à un autre mythe meurtrier. Pour les membres du courant national-religieux, « Dieu a donné cette terre au peuple juif » et au nom de ces conceptions intégristes, les Palestiniens sont des intrus. Mais les sionistes « laïques » partagent cette même conception. Ils ont fait de la Bible un livre de conquête coloniale en affirmant que les Juifs ont toujours eu un attachement indéfectible à « la terre d’Israël », ce qui leur donne un droit de propriété exclusif. C’est ce mythe de la terre qu’il passe à la moulinette avec un style agréable et de très nombreuses références historiques et bibliographiques. Bref, c’est un livre absolument indispensable.

    http://www.ujfp.org/spip.php?article2380

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